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Pôles d’appui à la scolarité : dans le Var, le dispositif convainc

Autonomie
Les PAS varois sont constitués, en plus du binôme composé de deux professionnels du médico-social et de l'Éducation nationale, d’une équipe élargie avec un psychologue, un ergothérapeute et un psychomotricien.
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En cette rentrée scolaire 2026, les premiers PAS ont deux ans. Dans le Var, l’un des départements précurseurs, le dispositif semble identifié et reconnu. Les saisines sont en hausse et le lien avec l’Éducation nationale se fait plus fluide. Les acteurs restent toutefois mobilisés pour en faciliter l’accès.
C’est la troisième rentrée scolaire pour les pôles d’appui à la scolarité (PAS) du Var, l’un des quatre départements préfigurateurs de ce dispositif à la croisée du secteur médico-social et de l’Éducation nationale, avec l’Aisne, la Côte-d'Or et l'Eure-et-Loir. Depuis septembre 2024, trois organismes gèrent les 41 PAS varois, l’Ugecam, l’Apajh et Phar83.
L’un des enjeux de l'année : entériner le rôle de ce dispositif sur le territoire. « L’idée est de montrer que nous sommes complémentaires d’autres dispositifs comme les équipes mobiles d'appui à la scolarisation », indique Béatrice Lombart, présidente par intérim de la Fédération nationale d'associations au service des élèves présentant une situation de handicap (Fnaseph). Autre priorité, bien communiquer auprès des différentes parties prenantes, pour que chacune ait en tête le rôle du pôle, « qui n’a pas réponse à tout ».
Pour Floriane Wairy, éducatrice spécialisée et membre du binôme médico-social/Éducation nationale sur son PAS, l’un des 14 gérés par l’Ugecam Provence-Alpes-Côte d’Azur, le pôle d'appui à la scolarité « ouvre des espaces de dialogue, remet en mouvement la réflexion et permet à chacun de se sentir bien avec les propositions faites pour répondre aux besoins de l’enfant ».
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Faire « ses preuves » auprès des enseignants
Un travail de pédagogie que les équipes n'ont cessé d'exercer ces deux dernières années. « Au début, les équipes enseignantes ont eu peur, voire étaient en colère. Je pense qu’elles craignaient d’être évaluées sur leur manière d’enseigner. Il y avait en outre une demande de moyens humains et financiers, et elles déploraient le fait de créer un nouveau dispositif plutôt que de renforcer l’existant », raconte l’éducatrice spécialisée. Deux ans plus tard, malgré quelques « enseignants encore réfractaires », « les relations sont cordiales, la méfiance a disparu. Je pense qu’il fallait que nous fassions nos preuves sur ce que nous pouvions apporter ».
Concrètement, les PAS varois sont constitués, en plus du binôme, d’une équipe élargie avec un psychologue, un ergothérapeute et un psychomotricien. « Une fois la saisine reçue, la famille est contactée dans les 24 heures et reçue dans un délai de dix jours », précise Lina Buscail, responsable éducatif du service PAS au sein de l’Ugecam Paca.
Vient ensuite une phase d’observation, puis l’établissement d’« objectifs réalisables » à partir des besoins de l’enfant, durant sept semaines au maximum. « Cela peut être un aménagement pédagogique, la sensibilisation des équipes éducatives, la mise à disposition d’outils, le prêt de matériel ou encore des interventions ponctuelles des professionnels de l’équipe », détaille Floriane Wairy. À l’issue de la période, l’équipe dresse un bilan.
Le PAS peut être renouvelé une fois si d’autres besoins ont été identifiés. Si ces derniers sont trop importants et dépassent le cadre du dispositif, la famille est réorientée. Dans le département, des questionnaires anonymes auprès des familles et des enseignants témoignent d’une satisfaction manifeste, se réjouit Lina Buscail. En cette rentrée scolaire 2026, les élèves recevront également un questionnaire anonyme pour savoir si le dispositif les a aidés à se sentir mieux à l’école.
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Des saisines en hausse
Les chiffres communiqués par l’organisme font état d’une hausse des sollicitations d’une année à l’autre. Les 41 PAS ont reçu 765 saisines durant l’année scolaire 2024-2025 et 1 394 l’année suivante. Les requêtes qui viennent aussi bien des familles que des enseignants.
Reste malgré tout, aux yeux de Floriane Wairy une « dédiabolisation » nécessaire à effectuer auprès des familles avant d’entrer dans le PAS. Ces dernières peuvent avoir des « représentations négatives » du secteur médico-social avec lequel elles entrent en contact pour la première fois.
En effet, au sein des 14 pôles gérés par l’Ugecam, « environ 15 % ont une reconnaissance de la MDPH [maison départementale des personnes handicapées] lorsqu’ils arrivent sur le pôle, spécifie Lina Buscail, et environ 15 % ont une demande en cours ou un dossier qui a été rejeté ». Résultat, « 70 % des enfants de nos PAS sont totalement inconnus des services de la MDPH » à leur arrivée dans le dispositif. Elle conclut : « certains auront peut-être un parcours dans le champ du handicap, un très grand nombre vraisemblablement n’en relèvent pas du tout ».
À l’échelle institutionnelle aussi, les différents acteurs dans le Var semblent convaincus, relève Lina Buscail qui est régulièrement en lien avec la direction des services départementaux de l'Éducation nationale du Var sur le sujet des pôles d'appui à la scolarité [cette dernière n’a pas répondu à nos sollicitations, ndlr].
Difficile dans ce contexte de comprendre le rejet par les députés de la généralisation du dispositif en juillet dernier « quand nous voyons comme ça fonctionne bien ». Pour le moment, cette décision ne change rien aux actions sur le terrain dans un département où le dispositif était déjà généralisé, même si ce vote « crée de la frustration au sein des équipes ». « Il faudra rediscuter », estime Béatrice Lombart. En attendant, les échanges avec les départements en cours de déploiement se poursuivent. Avec un point d’attention : l’équité d’accès sur chaque territoire.
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