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Ehpad Les Magnolias : "Il faut que cela cesse"

Autonomie
L’intersyndicale locale CGT, FSU et Solidaires affirme avoir alerté en septembre 2025 les autorités de tutelle afin qu’« elles assument pleinement leurs responsabilités ».
Crédit photo Halfpoint pour Adobe Stock
Violences verbales, humiliations publiques, dénigrements... Soutenus par plusieurs syndicats, des salariés dénoncent un management toxique et du harcèlement au sein de l'établissement Les Magnolias de Pontrieux, dans les Côtes-d’Armor.
« Faut-il attendre qu’il y ait un suicide pour que ça change ? » Les unions locales CGT, FSU et Solidaires de Guingamp (Côtes-d’Armor) tirent la sonnette d’alarme. Elles dénoncent un « management toxique et un harcèlement moral institutionnel » à l’Ehpad des Magnolias de Pontrieux.
« Il faut que cela cesse », s'insurge Serge Le Quéau, de l’Union syndicale Solidaires qui accompagne plusieurs salariés en conflit avec la directrice de l’établissement, actuellement en arrêt. Lors d’une conférence de presse organisée à Guingamp jeudi 9 juillet 2026, trois d’entre eux ont décrit des situations de souffrance au travail, des violences verbales, des dénigrements, des pressions.
Romain (1), un agent, fait état « d’humiliations devant les résidents et leurs familles ». Plusieurs expliquent que la directrice leur avait attribué des surnoms dévalorisants : la gnome ou bras de sardine par exemple. « Elle criait durant les transmissions, elle hurlait dans les couloirs », raconte Romain. « Le personnel se sent en permanence observé, épié », témoigne un ancien membre du personnel par écrit. Selon les syndicats, le turn-over du personnel est très important : environ un tiers de l’effectif est parti ou a démissionné en trois ans. Beaucoup d’arrêts de travail sont aussi à déplorer.
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Violence avec ciseaux
Ce n’est pas la première fois que l’intersyndicale dénonce publiquement des conditions de travail « épouvantables ». Elle affirme avoir alerté en septembre 2025 les autorités de tutelle afin qu’« elles assument pleinement leurs responsabilités au titre de l’article l'article L. 4121-1 du code du travail disposant que l'employeur doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs ».
En mars 2025, un grave événement avait secoué l’Ehpad : une affaire de violence entre une salariée et la directrice. À la suite d'un différent, la salariée s’était emparée de ciseaux et les aurait brandis dans le dos de la seconde. Condamnée en septembre dernier à huit mois de prison avec sursis, elle a fait appel. « Il s’agissait d’un geste désespéré mais plutôt envers elle-même », affirme les syndicats, produisant à l ‘appui un certificat médical délivré par le médecin qui l’a pris en charge. Ce dernier fait état d’une « tentative d’auto-mutilation ».
Une mention qui n’apparaît plus dans un second certificat qui aurait été, selon les syndicats, corrigé à la demande de la directrice. Contactée, cette dernière, toujours en arrêt, réagit : « Comment voulez-vous que je puisse interférer auprès d’un médecin ? », se défend-elle. Les syndicats l’accusent également d’avoir fait modifier le témoignage d’une agente dans le cadre de la procédure judiciaire. Cette dernière avait porté plainte pour subordination de témoin mais l’affaire a été classée sans suite.
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Nouvelle gouvernance
L’intersyndicale CGT, FSU, Solidaires, qui dénonce un « harcèlement moral institutionnel », reproche au président de la communauté de communes Guingamp-Paimpol agglomération, Vincent Le Meaux, de ne pas avoir mené d’enquête administrative indépendante. Ce que ce dernier conteste, affirmant qu’il y en a une en cours. « Les situations de souffrance au travail doivent être prises avec le plus grand sérieux, comme je le fais très scrupuleusement. Elles doivent être examinées avec rigueur, objectivité et dans le respect des procédures, et non au travers de procès médiatiques à charge ou de mises en cause personnelles », écrit-il sur sa page Facebook.
Il ajoute qu’une nouvelle gouvernance a été mise en place il y a deux mois. « J’ai pris directement la présidence du conseil d’administration et je suis au plus près du suivi de l’Ehpad. Je peux confirmer sans aucun doute que tout est mis en œuvre pour stabiliser l’établissement, accompagner les équipes, recruter une direction pérenne et préparer l’avenir des Magnolias », ajoute-t-il. Un projet de mutualisation de l’Ehpad de Pontrieux avec celui d’une autre commune, La Roche-Jaudy, est annoncé. Ce qui devrait permettre, selon son maire, Jean-Louis Even, « d’apporter du renouveau et de l’apaisement ».
(1) Les prénoms des agents ont été modifiés à leur demande.
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