Vous êtes ici
Municipales : enfance, autonomie, solidarité, quelles sont les ambitions des candidats à Paris ?

Protection de l'enfance
En tant que président du conseil départemental, et contrairement aux autres communes, le futur maire de Paris sera chargé de l’aide sociale à l’enfance, de l’autonomie et de l’insertion.
Crédit photo Hans Lucas via AFP
À la fois candidats à la mairie et à la présidence du conseil départemental, les trois personnalités encore en lice pour le second tour des élections municipales dans la capitale présentent des programmes très disparates sur les enjeux liés à la protection de l’enfance, mais aussi en matière d’autonomie et de lutte contre l’exclusion. Les ASH font le point.
L’enjeu de ce scrutin est tout particulier à Paris, puisque la ville est depuis 2019 une collectivité territoriale à statut unique qui exerce à la fois les compétences de la commune et du département. De ce fait, le ou la future maire occupera aussi la fonction de président du conseil départemental et sera chargé(e) de l’aide sociale à l’enfance (ASE), de l’autonomie et de l’insertion. La configuration du second tour dans la capitale est désormais connue. C’est une triangulaire qui se jouera dimanche 22 mars entre Emmanuel Grégoire (union de la gauche), Rachida Dati (union de la droite) et Sophia Chikirou (La France insoumise). Les ASH ont décortiqué les propositions, tantôt fournies, tantôt inexistantes, des candidats encore en lice.
Protection de l’enfance
Sophia Chikirou entend faire de Paris la « capitale-modèle » de la protection de l’enfance. Voici ses principales propositions :
- Créer un fonds pluriannuel pour la protection de l’enfance et rendre obligatoires les contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens (CPOM) pour toute délégation à des associations.
- Réserver des logements sociaux aux jeunes majeurs qui ont eu un parcours à l’aide sociale à l’enfance.
- Instaurer un équivalent du RSA (revenu de solidarité active) pour les jeunes de 18 à 25 ans sortant de l’ASE et prévoir une bourse pour ceux qui souhaitent poursuivre leurs études.
- Appliquer la présomption de minorité pour les mineurs non accompagnés (MNA) et donc leur donner accès à un hébergement inconditionnel d’urgence.
- Rendre plus attractifs les métiers de l’ASE, avec une revalorisation du régime indemnitaire, un renforcement des déroulements de carrière et une meilleure reconnaissance des qualifications.
- Baisser le nombre de situations suivies par chaque travailleur social et créer au sein de la Crip (cellule de recueil des informations préoccupantes) une commission spécialisée « violences » pour se charger des situations de maltraitance et de violences sexuelles.
- Interdire aux structures privées lucratives d’intervenir en protection de l’enfance et mieux encadrer l’intérim.
- Revaloriser la rémunération des assistants familiaux et les rendre prioritaires pour accéder à des logements sociaux.
>>> Sur le même sujet : Municipales : les CCAS demandent toujours une nouvelle tuyauterie financière
Emmanuel Grégoire de son côté souhaite :
- Déployer un revenu de solidarité jeunesse pour les jeunes sortant de l’ASE, sous conditions de ressources.
- Appliquer la présomption de minorité pour les MNA et rendre possible leur mise à l’abri immédiate.
Petite enfance et protection maternelle et infantile
Pour Sophia Chikirou, il s'agit de :
- Doubler la pondération des familles monoparentales dans l’attribution des places en crèche.
- Rendre systématique la coordination entre l’ASE, la protection maternelle et infantile (PMI) et les crèches.
>>> A lire aussi : Municipales : ce jeu qui participe à l'inclusivité du vote
Du côté de Rachida Dati, le programme prévoit :
- D'étendre les compétences des PMI au-delà de 6 ans pour accompagner les parents.
- De placer comme prioritaire le personnel des crèches dans l’accès au logement social pour que la ville parvienne à recruter davantage d’auxiliaires de puériculture.
Quant à Emmanuel Grégoire, il propose :
- De recruter 1 000 auxiliaires de puériculture et agents de la petite enfance.
- De développer les maisons d’assistantes maternelles.
Grand âge et handicap
Sophia Chikirou propose :
- La création de nouveaux Ehpad (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) et le renforcement des effectifs dans ceux déjà existants.
- Permettre la reprise d’associations de services à la personne par la Ville de Paris pour « revenir à un service social aux personnes âgées municipalisé ».
Rachida Dati a annoncé vouloir :
- Former des animateurs de la ville au métier d’AESH (accompagnant des élèves en situation de handicap).
- Rendre effective la logique de guichet unique pour la MDPH (maison départementale des personnes handicapées).
Emmanuel Grégoire s'est engagé à :
- Transformer les résidences autonomie en logements adaptés pour recevoir les proches et en lieux ouverts sur le quartier.
- Mettre en place un statut et un droit au répit pour les aidants, avec un accès prioritaire à la culture, aux soins et aux loisirs.
- Créer cinquante nouvelles unités d’enseignement adapté pour les élèves en situation de handicap.
- Donner plus de moyens aux permanences de la MDPH dans tous les arrondissements de Paris.
Lutte contre l’exclusion
Sophia Chikirou souhaite :
- Mettre sur pied des cités d’hébergement avec des habitats modulaires durables pour lutter contre le sans-abrisme.
Emmanuel Grégoire déclare vouloir :
- Mettre en place un accompagnement personnalisé de tous les allocataires du RSA.
- Créer 4000 places d’hébergement d’urgence dans tous les arrondissements de Paris et demander la réquisition des logements vides depuis plus de cinq ans.
- Simplifier les aides municipales et déployer des permanences mobiles dans chaque quartier pour lutter contre le non-recours.
>>> A lire également : Municipales : d'après Arnaud Gallais, "les communes ont un rôle de protecteur des enfants"

