A Saint-Denis, une Maison de l’autonomie pour simplifier le parcours des usagers

Autonomie

Inaugurée le 13 janvier 2026 au pied du métro Front populaire à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), la Maison départementale de l’autonomie et des aidants (MDAA) s'étend sur 500 m². 

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Regroupant les accueils de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) et de la Direction de l’autonomie, la maison départementale de l’autonomie et des aidants (MDAA) vient d’ouvrir ses portes en Seine-Saint-Denis. Un guichet unique pour « humaniser la relation avec l’usager ». Reportage.

« Pour moi, c’est mieux. Le mobilier, les bureaux, c’est plus grand... » Mohammed, 40 ans, a profité de son après-midi pour accompagner un ami et venir découvrir la Maison départementale de l’autonomie et des aidants (MDAA), inaugurée le 13 janvier 2026 au pied du métro Front populaire à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

Pour effectuer les démarches liées au vieillissement de son père, ce fonctionnaire territorial avait jusque là l’habitude de se rendre à la Maison départementale des personnes handicapées et à la direction de l’autonomie à Bobigny, éloignées l’une de l’autre d’un kilomètre. « Il fallait connaître pour trouver et ce n’était pas accessible. En plus, les bureaux étaient ouverts et on entendait tout », raconte-t-il. Désormais, les deux structures sont regroupées au sein de ce bâtiment flambant neuf, appelé Pulse, et qui a accueilli le comité d’organisation des jeux olympiques jusqu’en 2024.

Sur 500 m² en rez-de-chaussée, ce nouvel espace mise sur un accueil physique avec un espace chaleureux conçu autour d’une grande salle d’attente boisée, d’assises molletonnées et de belles photos des Petits frères des pauvres accrochées aux murs. Autre amélioration considérable : ici, les bureaux sont cloisonnés pour garantir la confidentialité des échanges.

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Un « beau défi » pour les agents de la MDAA

« Cette maison de l’autonomie et des aidants est une vraie fierté, assure le président du département Stéphane Troussel. Elle est le témoin d’un service public renforcé et du respect que nous témoignons aux usagers de ce service qui sont les plus vulnérables du département. »

Khomsi Dridi, chef de service adjoint à la MDAA, abonde. Pour lui, auparavant rattaché à la MDPH, la réunion de ces deux services permet de « prendre plus de temps pour se poser et orienter la personne correctement », sans avoir à balader d’un guichet à l’autre des usagers qui se déplacent difficilement. Il note aussi que ce nouveau cadre, propice à l’attente, permet de recevoir sans conflit les quelques 300 personnes qui viennent chaque jour.

Pour la quarantaine d’agents concernés, ce déménagement a conduit à un changement notable : il leur a fallu devenir plus polyvalent, de façon à recevoir tous les usagers, qu’ils viennent pour déposer un dossier d’APA ou concernant une demande à la MDPH.

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Cette fusion des équipes avait été anticipée avec un temps de formation dédié, qui se poursuit à travers un travail en binôme les vendredis pour échanger entre pairs. « C’est un beau défi, se réjouit Fatiha Ikene, cheffe de bureau à la MDAA et auparavant rattachée à la direction de l’autonomie. On avait un mode de fonctionnement trop archaïque et cloisonné. Cette nouvelle organisation simplifie beaucoup les choses du point de vue de l’usager. »

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Un espace dédié aux aidants

En plus de réunir des services déjà existants, la MDAA s’est dotée d’un espace numérique : des ordinateurs sont mis à disposition, ainsi qu’un médiateur pour accompagner les personnes qui le souhaitent dans leurs démarches en ligne.

Grande nouveauté, derrière le guichet de l’accueil de la MDAA se niche aussi une salle spacieuse et modulable, dédiée aux aidants. L’espace devrait prendre forme dans les semaines à venir : le département a lancé un appel à manifestation d’intérêt pour trouver des associations ou structures intervenant dans le champ de l’autonomie, du handicap, du vieillissement ou du soutien aux aidants pour prendre possession de l’espace en tenant des permanences à tour de rôle. La première à inaugurer les lieux est l’association Droit pluriel, qui a dores et déjà commencé à répondre à des demandes en droit du handicap.

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Les mercredis, journée des enfants, l’équipe de cette nouvelle Maison de l’autonomie et des aidants imagine dédier cet espace aux plus jeunes usagers, en s’inspirant de modèles comme la maison de l’autisme pour créer un espace de repli.

Déficit d’offre médico-sociale 

A l’heure de la dématérialisation de nombreux services publics, la Seine-Saint-Denis fait ainsi le choix d’« humaniser la relation avec l’usager », selon son président, dans un département où les besoins sont particulièrement importants : 260 000 personnes y sont âgées de 60 ans et plus, et le nombre des plus de 75 ans va presque doubler d’ici 2050, tandis que 180 000 personnes sont en situation de handicap (soit 10 % de la population de Seine-Saint-Denis).

Département le plus pauvre de l’Hexagone, il souffre dans le même temps d’un manque criant d’infrastructures avec un déficit dans l’offre médico-sociale et pour les personnes âgées.

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