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Taxation des héritages : la CFDT y voit "une manne" pour la branche de l'autonomie

Autonomie
Si Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, propose la taxation progressive des héritages pour financer la branche autonomie de la sécurité sociale, elle s'oppose en revanche au retour d'une TVA sociale, proposée par le Medef.
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Réélue en juin à la tête du syndicat réformiste, Marylise Léon entend ponctionner les héritages « dès le premier euro » pour financer la cinquième branche de la sécurité sociale consacrée au grand âge et au handicap. La confédération se dit prête à engager le débat avec les candidats à la présidentielle, sauf ceux de l’extrême droite.
En mettant sur la table, le 25 août dernier, sa proposition de taxation des héritages « dès le premier euro » pour financer la protection sociale et particulièrement la cinquième branche de la sécurité sociale dédiée à l’autonomie, la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon, tout juste reconduite en juin dernier, a jeté un pavé dans la mare. Ce projet de réforme fiscale a beau figurer au programme de l’organisation syndicale depuis 2010 – et même avoir été réaffirmé lors de son congrès de Lyon en 2022 –, il fait encore sourciller… même auprès de ses propres militants.
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Taxation progressive
« C’est un sujet sensible, c’est vrai. Quand je vais à la rencontre des sections de terrain, certains adhérents ne comprennent pas toujours et trouvent la mesure injuste puisque selon eux, elle consiste à prendre ce que les familles ont mis de côté pour le transmettre aux générations futures », confessait-elle le 3 septembre 2026 à l’occasion d’une rencontre avec l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis).
Pour la patronne de la CFDT, les calculs sont simples : aujourd’hui financée à partir d’une fraction de la CSG (43 milliards en 2025), la branche autonomie de la sécurité sociale – chargée notamment de la prise en charge financière de l’APA (allocation personnalisée d'autonomie), de la PCH (prestation de compensation du handicap) ou de l’AEEH (allocation d'éducation de l'enfant handicapé), mais aussi du soutien aux établissements d’accueil du handicap et du grand âge – n’est aujourd’hui pas en mesure de répondre aux besoins d’une population vieillissante.
Sa proposition de taxation « progressive » de l’ensemble des héritages et des donations entre vifs – aujourd’hui, seuls ceux d’un montant de plus de 100 000 €, soit environ 15 % du total des transmissions, le sont – pourrait, en sus de l’octroi d’un point supplémentaire de CSG à la CNSA (soit environ 18 milliards d’euros chaque année), assurer au régime un matelas financier suffisant pour couvrir les coûts de la dépendance à hauteur des enjeux.
Un rapport de la fondation Jean Jaurès, dévoilé fin 2024, estimait à 9 000 milliards d’euros le montant des transmissions à venir entre 2024 et 2025. « Une manne qu’il faut mettre à contribution au service de la protection sociale », juge Marylise Léon.
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La TVA sociale, impôt injuste
À huit mois de l’élection présidentielle, le sujet du financement de la protection sociale est d’ores et déjà sur la table. Le Medef s’y est engouffré à l’occasion de sa rentrée 2026, en remettant à l’agenda son projet de TVA sociale censée compenser une baisse des cotisations salariales et patronales par un relèvement du montant de la taxe à la valeur ajoutée.
Une idée reprise à la volée par Édouard Philippe et, de manière plus étonnante, par François Hollande. Pour la secrétaire générale de la CFDT, la proposition n’est pas pertinente et surtout socialement injuste. « Ce n’est pas un impôt progressif et tout le monde n’y est pas assujetti de façon égale », estime-t-elle.
Le candidat Raphaël Glucksmann, en revanche, s’est déclaré favorable à une forme de taxation de l’héritage pour redonner de l’oxygène aux finances de la protection sociale. Dans la discussion qui s’ouvre, la CFDT entend bien porter son projet auprès des compétiteurs à la magistrature suprême (à l’exception de ceux de l’extrême droite).
"Le retour à l’équilibre des comptes ne doit pas se faire au détriment des plus fragiles"
En attendant l’ouverture de ce débat, les inquiétudes cédétistes sont également nourries par la préparation des projets de loi de finances et de financement de la sécurité sociale pour 2027, que Sébastien Lecornu doit présenter en conseil des ministres le 30 septembre prochain. Pour respecter son engagement de construire un budget présentant un déficit inférieur à 5 % – et au passage, éviter une motion de censure à huit mois du premier tour de la présidentielle –, l’actuel locataire de Matignon pourrait être tenté de couper dans les dépenses sociales.
Si son ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, s’est engagé à ne toucher ni au RSA, ni au minimum vieillesse qui devraient rester alignés sur l’inflation, pour le reste des prestations sociales et des politiques de solidarité, le jeu reste ouvert… De quoi inquiéter l’organisation syndicale et sa soixantaine d’associés du milieu associatif réunis au sein du Pacte du pouvoir de vivre initié en 2019.
En 2025, lors d’une précédente discussion budgétaire tout aussi tendue, les membres du Pacte avaient élaboré une série de contre-propositions pour limiter la casse sociale. Cette année, la CFDT, qui défend entre autres l’accès au RSA aux moins de 25 ans, ne s’interdit pas de donner de la voix. « On ne nie évidemment pas la réalité de la situation budgétaire, mais le retour à l’équilibre des comptes ne doit pas se faire au détriment des plus fragiles. Ce n’est pas à eux de porter le programme d’économies du gouvernement », assure Marylise Léon.
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