Vous êtes ici
Prime carburant, mesures "grands rouleurs" : ce que prévoit Sébastien Lecornu pour soutenir les aides à domicile

Autonomie
Le gouvernement prévoit d'augmenter l'indemnité kilométrique des aides à domicile de 2 centimes par kilomètre, mais seulement pour le secteur associatif.
Crédit photo DR
Matignon vient d'annoncer une nouvelle batterie de mesures visant à renforcer le soutien de l'État au secteur du service à la personne face à l'augmentation des tarifs du carburant. Selon la Fédération des entreprises de services à la personne (Fesp), elles excluent cependant un nombre conséquent d'employeurs.
C'est un nouveau coup de pouce, mais il risque de ne pas suffire. Pour soutenir l'activité économique française fortement affectée par l'instabilité de la situation dans le détroit d'Ormuz – ce corridor maritime stratégique dans le conflit en Iran –, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé, jeudi 21 mai 2026 au soir une nouvelle salve d'aides destinées à compenser l'augmentation du tarif des carburants. Parmi les secteurs concernés, celui de l'aide à domicile et ses plus de 500 000 salariés, particulièrement touchés par la flambée des prix à la pompe depuis le mois de mars.
« L'état du secteur devient critique, avoue Loïc Gobé, président de la fédération des entreprises de services à la personne (Fesp), l'une des organisations d'employeurs de la branche. Certains auxiliaires de vie nous annoncent ne plus être en mesure de se déplacer auprès des publics fragiles à cause de la hausse des prix du carburant. Dans certains endroits, les missions d'accompagnement auprès des personnes concernées ne peuvent plus être assurées. »
>>> Sur le même sujet : Aide à domicile : pour une politique de compensations financières à la hauteur des nouvelles dépenses
Aides renforcées
Dans son éventail de mesures, Sébastien Lecornu a notamment prévu un doublement de la prime kilométrique réservée aux « grands rouleurs », ces professionnels assurant plus de 8 000 kilomètres de déplacements par an (l'équivalent de 40 kilomètres par jour). Initialement calculée à 50 €, elle devrait passer à 100 €. Charge aux intéressés de s'inscrire sur la plateforme dédiée ouverte par le gouvernement depuis le 27 avril 2026.
Autre mesure à destination du secteur de l'aide à domicile, le déblocage des fonds nécessaires à l'agrément d'un avenant à la convention collective du service à la personne prévoyant la hausse du montant de la prise en charge des indemnités kilométriques par les employeurs de 38 à 40 centimes par kilomètre. Un dispositif qui n'avait pas pu entrer en vigueur faute de soutien financier de la part des départements, mais qui ne profitera, in fine, qu'aux employeurs associatifs, le privé lucratif en étant exclu.
Enfin, les professionnels du service à la personne devraient pouvoir être éligibles aux tarifs préférentiels du « leasing solidaire » prévu par l'exécutif. Cette mesure vise à mettre 15 000 véhicules électriques de location à disposition des « grands rouleurs » à prix réduits : entre 50 et 100 € par mois au lieu des 200 à 300 € actuellement.
>>> Pour compléter : Aide à domicile : ce recul inquiétant pour les professionnels du secteur
Insuffisant
Bien... mais peut mieux faire, répond en substance la Fesp. Car si certaines mesures peuvent effectivement soulager le secteur, elles demeurent encore trop timides pour vraiment correspondre aux besoins. « Pourquoi avoir écarté les employeurs du privé lucratif qui représentent près de 300 000 collaborateurs de l'augmentation de la prise en charge des indemnités kilométriques ? Pourquoi avoir réservé ces mesures aux seuls véhicules personnels des salariés et en avoir exclu les véhicules des flottes professionnelles dans lesquels les employeurs ont investi depuis plusieurs années ? » s'interroge Loïc Gobé.
La Fesp, qui rencontrait les ministères de Bercy le 22 mai dans l'après-midi, espère infléchir la position du gouvernement sur ces points. D'autant que cette crise survient alors que le secteur est déjà à la peine, affecté cette année par une double augmentation du Smic que les employeurs ne peuvent entièrement répercuter sur leurs tarifs, par le recul de l'âge des personnes éligibles au bénéfice des aides publiques à l'accès aux services à la personne ou par la mise en place, depuis le 1er mai dernier, d'un nouveau régime de prévoyance plus coûteux pour la trésorerie des entreprises.
>>> A lire aussi : Handicap et amendement Creton : les recommandations de la Cour des comptes


