Vous êtes ici
Emploi handicapé : les efforts conjugués de France travail et Cap emploi portent leurs fruits

Autonomie
(De gauche à droite) Marlène Cappelle, déléguée générale de Cheops ; Jean-Pierre Benazet, président de Cheops ; Thibaut Guilluy, directeur général de France travail ; Servane Chauvel, directrice de la mission “public en situation de handicap et stratégie inclusive de l’établissement” de France travail lors de la remise du rapport annuel sur l'emploi handicapé au Sénat, le 21 mai 2026.
Crédit photo DR
Le niveau de retour à l'emploi des chômeurs handicapés continue d'augmenter depuis le regroupement de l'ex-Pôle emploi et des agences Cap emploi sous la bannière France travail. En 2025, leur taux de recrutement avait grimpé de 9 %.
Malgré la compression du marché du travail sous l'effet d'une situation économique internationale tendue, les chiffres de l'emploi handicapé s'améliorent. Conséquence de la loi pour le plein emploi de 2024 qui a accéléré le rapprochement des services de France travail de ceux du réseau Cap emploi, les agents de ces deux entités ont appris à s'acculturer mutuellement, afin de développer leur efficacité au bénéfice du retour à l'emploi des travailleurs en situation de handicap par le biais de partages d'expérience ou de formations communes.
Concrètement, le nombre de modules de formation relatifs au handicap inscrites au catalogue de l'Académie France travail a ainsi été augmenté de 25 en un an. En parallèle, cinq fois plus de cursus dédiés à l'insertion des chômeurs handicapés ont été suivis par les équipes de l'opérateur public de l'emploi. En 2025, 43 % des agents France travail avaient ainsi suivi au moins une formation à la thématique de l'emploi handicapé.
>>> A lire aussi : La feuille de route de Camille Galliard-Minier, "pas une question de moyens, sinon d'organisation"
30 000 maintiens dans l'emploi
Résultat : en 2025, pour la troisième année consécutive, Cheops (la tête de réseau des Cap emploi) et France travail enregistrent une hausse des recrutements pour les demandeurs d'emploi handicapés.
« Sur les 520 000 recensés par nos services, 286 700 avaient retrouvé un emploi, soit une augmentation de 9 % par rapport à l'année précédente », annonçait Thibaut Guilluy, directeur de l'ex-Pôle emploi le 21 mai 2026 à l'occasion de la remise du bilan annuel de l'emploi handicapé. Pour Jean-Pierre Benazet, président de Cheops, l'heure est même au retournement de tendance : « Lorsque le marché de l'emploi faiblissait, l'emploi handicapé était le premier à en subir les conséquences. Ce n'est plus le cas. »
Avec le temps, les partenaires de l'emploi ont pu acquérir une certaine expérience commune dans l'accompagnement des travailleurs handicapés. Le réseau Cap emploi a ainsi, en 2025, réussi à maintenir 27 984 d'entre eux dans l'emploi malgré les menaces pesant sur leur activité (dont 13 % dans la fonction publique et 87 % dans le privé), en hausse de 4,5 % comparativement à 2024.
Dans le même temps, 75 538 services d'accompagnement ont été proposés l'année passée, là encore, en augmentation de 2,6 %.
>>> A lire aussi : Handicap et amendement Creton : les recommandations de la Cour des comptes
Cette coopération accrue a également permis une croissance de 15 % des préparations opérationnelles à l'emploi individuelles (POEI), ces actions de formation préalables au recrutement et, ainsi, renforcé la puissance de ce dispositif comme élément de retour à l'emploi des personnes handicapées.
Avec pour conséquence que, désormais, « 50 % des chercheurs d'emploi handicapés ayant suivi une formation préparant à un métier retrouvent un emploi dans les six mois contre 43 % en 2024 », calcule Servane Chauvel, directrice de la mission « public en situation de handicap et stratégie inclusive de l’établissement » chez France travail.
Secteur ordinaire
Ce bilan annuel offre également un éclairage sur les premiers retours d'une expérimentation menée depuis 2024 afin de déterminer l'orientation professionnelle la plus adaptée aux personnes handicapées. Élaborée dans le cadre de la conférence du handicap de 2023, l'expérience, d'abord testée dans cinq départements pilotes (Allier, Charente-Maritime, Haute-Savoie, Somme et Val-d'Oise), vise à limiter les placements en Esat (Établissement et service d'accompagnement par le travail) ou en ESRP (établissement et service de réadaptation professionnelle) pour privilégier l'emploi dans le secteur ordinaire.
Étendu en 2025 à 11 nouveaux départements (Corse, Haute-Marne, Ardennes, Côtes-d'Armor, Gard, Maine-et-Loire, Territoire de Belfort, Orne, Manche, Eure-et-Loir et Alpes-de Haute-Provence), ce mécanisme consiste en un examen préalable des recommandations d'orientation des MDPH (maisons départementales des personnes handicapées) par les agences France travail et Cap emploi. À son issue, le taux de placement dans le secteur protégé avait été réduit à 45 % contre 55 % auparavant. L'expérimentation doit être généralisée à l'ensemble du territoire à l'été 2026.
>>> Pour compléter : Esat : neuf associations lancent l'alerte face au retard du versement des aides aux postes


