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Comment accueillir un enfant en urgence dans son IME

Métiers et formations
Céline Martino-Bolpaire, directrice de l'IME Notre-Ecole à Sainte-Geneviève-des-Bois, décrypte les indispensables facteurs d’un accueil de enfants de qualité.
Crédit photo AFP
[TUYAUX DE PROS] Directrice de l’institut médico-éducatif Notre-École, Céline Martino-Bolpaire partage son expertise en matière de prise en charge immédiate des mineurs concernés.
L’Inspection générale des affaires sociales a documenté les tensions capacitaires observées dans les instituts médico-éducatifs (IME) dans un rapport publié le 20 février 2026. Celui-ci met notamment en lumière les actions en justice de ces familles dont l’orientation de l’enfant n’est pas respectée, parfois depuis de nombreuses années.
Des saisines à la suite desquelles l’État a plusieurs fois été condamné, et les agences régionales de santé (ARS) enjointes à trouver une place en IME dans les deux semaines. Le cas échéant, les structures effectuent cette recherche en partenariat avec les maisons départementales des personnes handicapées et les établissements mentionnés dans l’orientation ou situés dans une zone géographique raisonnable.
À la suite d’une telle injonction formulée par le Conseil d’État le 20 décembre 2023, l’ARS d’Ile-de-France s’est tourné vers l’IME Notre-École, à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne), qui a accepté la prise en charge en urgence. Sa directrice Céline Martino-Bolpaire décrypte les indispensables facteurs d’un accueil de qualité :
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• Évaluer la situation globale. Il faut avoir les bonnes informations sur le jeune, sur ses besoins spécifiques. Au moment où j’ai accepté cet accompagnement, je connaissais déjà bien l’enfant, qui était en haut de notre liste d’attente depuis des années. C’était donc plus simple : je savais où j’allais. Il y a pour autant des éléments qui auraient pu nous faire refuser cette prise en charge. Les jeunes accueillis sont âgés de 10 à 15 ans. Pour un plus petit, la sécurité serait insuffisante. Autre question fondamentale : comment ne pas épuiser l’équipe ? Pour cet adolescent qui souffre d’importants troubles du comportement et présente un besoin d’accompagnement individualisé, nous avons par exemple estimé qu’il fallait deux éducateurs spécialisés supplémentaires. Enfin, il est nécessaire de s’assurer que l’espace est suffisant pour accueillir une nouvelle personne.
• Négocier avec l’ARS. Lorsque l’inspectrice m’a demandé si je pouvais accueillir ce jeune, je lui ai donné nos conditions, que ce soit en termes de recrutement ou d’extension d’agrément – lequel prévoyait à ce moment-là 32 places, à l’époque toutes pourvues. Sans aide financière de l’ARS pour des embauches, je n’aurais pas accepté. Au départ, nous avons eu des crédits non reconductibles, mais cela n’était pas viable de renouveler notre demande tous les ans. Nous avons donc répondu à un appel à manifestation d’intérêt pour obtenir une extension de places et des financements pérennes. Il est aussi possible de solliciter des budgets pour la supervision ou la formation.
• Travailler un plan d’accueil. Bien qu’expérimentés en matière d’accompagnement des troubles de l’autisme, et rompus à la gestion des imprévus, cet accueil en urgence nous a tout de même bousculés. Tout en accélérant notre processus habituel, nous avons souhaité avancer sans précipitation. À l’intention des jeunes déjà présents, nous avons élaboré des supports visuels pour expliquer l’arrivée du nouveau venu. Nous avons également soigneusement construit son emploi du temps, et mis en place un accompagnement renforcé pour le transport, le temps qu’il s’acclimate à son nouvel environnement.
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• S’appuyer sur d’autres ressources. Nous avons mobilisé la famille, avec laquelle une bonne collaboration est essentielle. Avant que nous estimions le jeune prêt à passer à nos modes de transports habituels, c’est elle qui le déposait. Confrontés à des comportements difficiles de cet adolescent, qui semblait nous mettre à l’épreuve notamment par le biais de destructions de matériel, nous avons dû réajuster notre posture. Nous avons notamment travaillé en coopération avec le service d’éducation spéciale et de soins à domicile qui l’accompagnait jusque-là pour permettre la continuité du lien, obtenir des conseils et des recommandations sur ses préférences ou ses modes de communication.


