Canicule : l’Unccas appelle à un plan de "résilience sociale"

Autonomie

Lors du récent épisode caniculaire, seuls 33 % des CCAS indiquaient avoir disposé des moyens techniques et humains suffisants pour accompagner les personnes isolées vulnérables.

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Création d’un « fonds blanc pour la canicule », mise en place d’un « réseau territorial des lieux refuges »… À l’issue d’une semaine de fortes chaleurs où les équipes des CCAS et CIAS ont été fortement mobilisées, l’Unccas dévoile ses propositions pour armer les acteurs de terrain lors des prochaines montées des températures.     

Les services d’urgence hospitaliers n’ont pas été les seuls à se retrouver sous pression lors de l’épisode caniculaire de ces derniers jours. Avec des températures frôlant, voire dépassant les 40°C, les équipes des centres communaux et intercommunaux d’action sociale (CCAS-CIAS) ont également dû se mobiliser pour assurer le suivi et l’accompagnement des personnes vulnérables, isolées ou en situation de dépendance sur leurs territoires.

Un « lien concret » contre l’isolement

Une enquête flash que vient de publier l’Unccas (Union nationale des centres communaux d’action sociale) révèle que :

  • 96 % des structures interrogées ont ainsi mis en place des chaînes d'appels téléphoniques vers les usagers inscrits dans leurs registres communaux afin d'assurer des services d'écoute et de prévention. Services qui se sont accompagnés d'intervention au domicile – chez 62 % des CCAS-CIAS interrogés – en cas de besoin pour assurer « un lien concret » avec les personnes ; 
  • 65 % ont, en outre, ouvert leurs portes aux usagers en recherche de fraîcheur ou orienté ces derniers vers des sites publics climatisés ou rafraîchis (mairies, salles climatisées, médiathèques...) ;
  • 81 % ont diffusé des messages d'information ;
  • 36 % ont même organisé des distributions de bouteilles d'eau et de ventilateurs chez des personnes confrontées à la chaleur.

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La séquence a toutefois révélé les insuffisances du dispositif. Selon les CCAS sondés, 50 % des usagers concernés demeurent difficiles à joindre ou à localiser et, dans 27 % des cas, les registres communaux à disposition des centres se sont révélés incomplets ou insuffisamment actualisés pour permettre aux équipes d'assurer un suivi satisfaisant des personnes.

Et ce, même si un  récent décret du 3 juillet est venu compléter les informations disponibles en étendant leur périmètre à la lutte contre l'isolement et l'accompagnement, et en procédant désormais à l'inscription automatique de l'ensemble des bénéficiaires de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) ou de la prestation compensatoire du handicap (PCH) de l'ensemble du territoire communal ou intercommunal. Une extension attendue par les personnels des CCAS qui, à la suite de cette expérience « canicule 2026 », ont pu constater à quel point l'isolement social ou la fracture numérique pouvaient laisser un nombre conséquent de personnes suivies hors de leurs radars.

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Manque de moyens 

Cependant, la séquence des fortes chaleurs qui vient de s'écouler a également démontré la fragilité de ces dispositifs communaux ou intercommunaux. Car, en dépit de l'implication des élus (73 %) et des services municipaux (70 %) et malgré les partenariats noués avec le tissu associatif local ou les professionnels de santé du territoire, les services des CCAS-CIAS se sont rapidement retrouvés débordés, faute de personnels suffisants.

Près de 30 % des structures ont été victimes de tensions RH sur la période et 18 % avouent avoir dû faire face à des manques de moyens matériels pour répondre aux besoins. Au total, seules un peu plus d'un tiers des organisations répondantes jugent aujourd'hui avoir été suffisamment préparées pour assurer véritablement leur mission durant la crise caniculaire.

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Résilience sociale

Dans ces conditions, l'Unccas appelle à un grand plan de « résilience sociale » pour adapter les moyens des centres d'action sociale aux prochaines vagues de chaleur. Car, même si des progrès ont été faits en la matière depuis celle de 2003, les canicules à venir risquent de continuer à faire des dégâts chez les personnes fragilisées.

Parmi les pistes avancées par l'Union, celle visant à étendre le périmètre des registres communaux a d'ores et déjà été prise en compte par le gouvernement depuis le 3 juillet dernier. Un premier pas, mais pas forcément suffisant pour l'Unccas, qui appelle à la transformation de l'enveloppe de 100 millions d'euros mise sur la table en début de période caniculaire par le gouvernement pour rafraîchir les Ehpad en un véritable « fonds blanc canicule », renforcé de quelques millions supplémentaires et ouvert à d'autres acteurs que ceux spécialisés dans l'accueil des personnes âgées dépendantes.

Autre dispositif d'urgence à développement, la création d'un « réseau territorial des lieux refuges » regroupant bâtiments publics (mairies, bibliothèques, centres communaux…) comme privés (entreprises, cinémas…) susceptibles d'ouvrir leurs portes aux usagers en recherche de fraîcheur. Et dont la coordination reviendrait aux CCAS-CIAS. Dans la continuité, l'Unccas propose également la mise en place d'exercices communs et réguliers applicables aux différents acteurs concernés par le sujet des fortes chaleurs (services de santé, pompiers, etc.) et ouverts aux personnels des centres d'action sociale, afin de préparer les équipes aux situations d'urgence.

Les réponses aux propositions de l’Unccas devraient faire l’objet « au cours de la semaine » d’une réponse conjointe des ministres du Travail, Jean-Pierre Farandou, et de l’Autonomie, Camille Galliard-Minier, ont annoncé les services de cette dernière.